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L'objet de ce tutoriel est de fabriquer des chaufferettes à main. Celles-ci peuvent monter en température lorsqu'on les active, jusqu'à 50°C environ, elles sont utilisables en montagne par exemple, pour se réchauffer lors d'une randonnée.
L'objet de ce tutoriel est de fabriquer des chaufferettes à main. Celles-ci peuvent monter en température lorsqu'on les active, jusqu'à 50°C environ, elles sont utilisables en montagne par exemple, pour se réchauffer lors d'une randonnée.
cuisine, chaleur, chimie, montagne
Lors des sorties en montagne on se retrouve parfois à subir le froid, notamment au niveau des extrémités du corps (mains, pieds).
Certaines personnes peinent vraiment à se réchauffer, et la sortie ski de randonnée (pour éviter les remontées mécaniques peu économiques et écologiques !) peut devenir un véritable calvaire ! Plusieurs causes médicales ou physiologiques peuvent rendre difficile le réchauffement (sensation de froid, mauvaise tolérance au froid).
Certains magasins de sport proposent, pour nous apporter un peu de confort, des chaufferettes à main. Ce sont de petits contenants en plastique qui se mettent à chauffer aux alentour de 50°C lorsqu'on les active.
Certaines sont réutilisables pour des prix tournant autour de 20 € la paire et d'autres non, pour des prix autour de 15 € les 30.
Dans une démarche low-tech complète on devrait d'abord ce questionner sur ce besoin de confort. Mais avant d'en arriver là, et pour ceux qui auraient peut-être déjà mené cette réflexion de fond mais qui éprouvent encore le besoin d'avoir des chaufferettes, il est possible d'en fabriquer soi-même des réutilisables (presque ! Voir discussion sur les problématiques à résoudre) et économiques (ça c'est validé !)
Les quantités seront discutés dans le tutoriel car dépendantes du degré de concentration du vinaigre.
Les compotes à emporter ne conviennent pas toutes, prendre seulement celles qui se rebouchent bien !
Voici les quantités pour une chaufferette ! La masse de vinaigre dépend de sa concentration.
35 g de bicarbonate de sodium
| Concentration du vinaigre [%] | Masse de vinaigre [g] | Volume (approximatif) de vinaigre [mL] |
| 6 | 415 | 415 |
| 8 | 315 | 315 |
| 10 | 250 | 250 |
| 12 | 210 | 210 |
| 14 | 180 | 180 |
| 16 | 155 | 155 |
Ces valeurs sont approximatives. Vous trouverez dans les sections théoriques comment les retrouver par le calcul.
NB : La masse volumique du vinaigre est très proche de l'eau soit 1kg pour 1l.
Fabriquer des chaufferettes, c'est faire de la chimie, et la chimie n'aime pas trop les impuretés. Il est fortement conseillé de nettoyer correctement tout les ustensiles à l'eau et au savon. En particulier les contenants des chaufferettes au risque qu'il y reste un peu de compote si vous choisissez les mêmes que nous !
Sécurité
La première étape consiste à mélanger le vinaigre et le bicarbonate de sodium. Pour cela, on commence par verser la bonne quantité de vinaigre dans notre casserole. On vient ensuite ajouter doucement le bicarbonate de sodium. Il faut ensuite mélanger le tout jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mousse. Cela indiquera que la réaction chimique est terminée.
Point de vigilance
Sécurité
Lorsque la première étape est bien terminée, on peut mettre notre casserole à chauffer à feu vif, l'objectif est de faire s'évaporer toute l'eau qu'il y a en trop. Je dis en trop, car nous aurons besoin d'un petit peu d'eau pour obtenir la bonne substance. Lorsqu'un film très léger commence à apparaitre à la surface, alors la substance est prête, il faut arrêter la chauffe.
Point de vigilance
Sécurité
L'objectif de cette étape est de remplir les contenants de nos chaufferettes par la substance obtenue à l'étape 4.
Il faut être deux pour cette étape, seul, il est difficile de tenir les contenants et de verser en même temps.
La personne qui tient le contenant peut mettre des gants pour limiter le risque de brûlure.
Dans cette étape on utilise un entonnoir que l'on vient insérer dans les contenants, puis on vient verser le contenu de la casserole doucement.
Point de vigilance
Les chaufferettes sont maintenant prêtes à être chargées !
Afin de charger en chaleur les chaufferettes, il faut les mettre dans de l'eau bouillante durant 10-15min. Ensuite, on doit les laisser refroidir sans trop les remuer jusqu'à qu'elles soient à température ambiante.
Elles sont maintenant pleines d'énergie et prêtes pour utilisation en montagne ou ailleurs !
Une fois en pleine montagne dans le froid, on peut les activer, pour cela il faut suivre la notice.
Voici les étapes :
2. Ouvrir en dévissant
3. Boucher avec un doigt
4. Retourner et secouer
5. Fermer
6. Chaud
Elle chauffe alors jusqu'à environs 50°C. Pour conserver la chaleur créée, il est conseillé de les isoler de l'air extérieur en les mettant dans vos gants et/ou dans vos poches.
Sécurité
Attention, il est fortement déconseillé de réchauffer brutalement une engelure. L'utilisation des chaufferettes se veut préventive, pour prévenir de forte sensation de froid et non pour réchauffer une zone en état critique.
En suite, il est fortement déconseillé d'alterner chaud et froid sur une engelure. Mieux vos privilégier des vêtements secs et attendre un bain thermostaté à 37°C, une fois en lieu sûr.
Il a été très intéressant pour moi d'expérimenter et d'améliorer un procédé suite à des observation personnelles ! Je vous fais ici part de mes découvertes tirées de mes expériences et de mes lectures.
L'éthanoate de sodium est un produit de la réaction entre l'acide éthanoïque et le bicarbonate de sodium.
Cette réaction produit aussi de l'eau est du CO2.
Cette partie n'est pas très fun, à passer si vous n'êtes pas un grand fan de calculs de chimie ! Mais nécessaire si vous voulez recalculer le tout par vous même !
Afin de déterminer les quantités d'acide éthanoïque et de bicarbonate de soude à mélanger, on fait l'hypothèse que la réaction est totale. Ainsi, afin d'optimiser le tout, il faut mélanger les réactifs en quantité dite stœchiométrique (proportionnelle). Lorsqu'on insère exactement ces quantités, tout les réactifs sont consommés et il ne reste plus que des produits à la fin de la réaction !
Dans notre cas, une molécule d'acide éthanoïque réagit avec une molécule de bicarbonate de sodium. Ainsi, il faut mettre le même nombre de "quantité de matière" (de moles) de chacun des deux réactifs afin d'atteindre les quantités stœchiométriques.
Sachant cela, on calcule la quantité de matière correspondante à 35 g de bicarbonate (pour une chaufferette).
En suite, on calcul la masse d'acide acétique pour obtenir exactement la même quantité de matière (ce qui dépendra de sa masse molaire).
Enfin, sachant qu'un vinaigre, disons, à 8 %, possède 0,08 g d'acide éthanoïque pour 100m l., alors on calcul le volume de vinaigre pour obtenir exactement la bonne masse d'acide éthanoïque.
Si on préfère, il est possible de calculer la masse de vinaigre plutôt que son volume (utile lorsque l'on a pas de verre-doseur). Par chance, le vinaigre a presque la masse volumique de l'eau, donc 1 kg de vinaigre pour 1 l. de vinaigre.
Il y a de nombreuses ressources pédagogiques sur les calculs de base en chimie et des solutions sur internet si cela vous intéresse.
Cette réaction est amusante à expérimenter car très visuelle, la production de CO2 gazeux produit de la mousse. On peut alors savoir si toutes nos molécules ont bien réagi.
La réaction prend du temps, et on est obligé de mélanger ! Mais que se passe-t-il dans le monde des molécules pour que cela prenne autant de temps ?
Dans notre casserole après quelques secondes de réaction, on a beaucoup d'eau, des réactifs, mais aussi les quelques produits déjà créés. Pour pouvoir réagir, il faut que deux molécules de réactif se rencontrent.
Mais comment ce rencontrer dans tout ce bazar !? C'est un peu comme si on jetait du pollen dans un champs de fleur. Au début, il est facile pour le pollen de trouver une fleur célibataire, mais après quelques minutes, lorsque de nombreux couple se sont formés, difficile pour une petite fleur et un pollen de se trouver.
En terme technique, on parle de cinétique de réaction pour désigner la vitesse à laquelle elle a lieu, et de phénomène limitant pour parler du phénomène qui impose cette vitesse.
Ici, c'est la rencontre des molécules qui est la plus lente, on parle donc de transfert de masse.
On a déjà discuté du problème de cristallisation si on fait chauffer trop longuement le liquide. C'est assez contre-intuitif comme observation. Normalement, en augmentant la température, on passe de solide à liquide pas l'inverse.
Le phénomène de cristallisation provient ici de la déshydratation l'éthanoate de sodium trihydraté vers l'éthanoate de sodium anhydre. En fait, la substance trihydratée, celle que l'on souhaite pour nos chaufferette, se liquéfie si on la chauffe au delà de 58°C. En revanche, la substance anhydre, elle, ne se liquéfie qu'à 324°C. Ainsi, lorsqu'on enlève son eau à une molécule, PAF ! Elle devient anhydre et se solidifie instantanément car nous ne sommes bien en dessous de 324°C !
Au début, il y a de l'eau en excès, donc c'est cette eau la qui s'évapore. Mais dès lors qu'il n'y a presque plus d'eau, on commence à déshydrater nos bonnes vieilles molécules, d'où l'apparition sur la fin de cristaux, puis, progressivement d'un film solide.
Ici, la connaissance du phénomène permet de juger quand arrêter l'étape 4. En effet, à l'apparition des premiers cristaux, on sait que le liquide restant n'est pas de l'eau mais bien de l'éthanoate de sodium trihydraté, car si il y avait encore de l'eau liquide, ce serait elle qui s'évaporerait, et aucun cristal n'apparaîtrait !
Le fonctionnement des chaufferettes se base sur le phénomène de surfusion. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cet article :
Les chaufferettes devraient être réutilisables en théorie. Dans la réalité, à chaque nouvelle utilisation il devient plus difficile de les activer. Je n'ai pas su percer le mystère de ce phénomène mais peut être que vous y arriverez !
Elles sont tout de même réutilisables un certain nombre de fois si on accepte d'attendre un peu et de s'y reprendre à plusieurs fois pour les activer.
Pour les plus persistants, en insérant un tige en métal et en la malaxant l'activation est plus efficace donc vous pourrez les réutiliser plus longtemps avec cette méthode. Pour se faire vous pouvez insérer un l'embout d'un petit tournevis, d'une vis ou tout objet métallique, le malaxer pendant un certain temps et le retirer une fois que la chaufferette se met à chauffer :)
Parfois, pendant la recharge, après les avoir fait chauffer, et une fois au repos. Les chaufferettes peuvent s'activer toutes seules. Cela peut être embêtant car il faut alors les remettre à charger.
Pour s'assurer qu'une chaufferette est bien prête à utilisation, il faut simplement vérifier qu'elle soit bien liquide. Si c'est le cas vous êtes sûr de votre coup.
Des pochettes en tissus améliorent le "look" des chaufferettes. Pour cacher et tenir les sachets Pom'potes : un morceau de tissus de 20 cm sur 20 cm, avec un ourlet en haut, c'est par là qu'on fera entrer le sachet Pom'pote. Disposer les étiquettes plastifiées de consignes et les coudre en bas et en haut est suffisant, avant de coudre la pochette elle-même sur le côté et en bas... C'est joli...
Noé Beaupere. PILOTAGE DE LA LIBÉRATION DE CHALEUR ET ÉTUDE DU VIEILLISSEMENT DE MATÉRIAUX À CHANGEMENT DE PHASE. Sciences de l’ingénieur [physics]. Université d’Artois, 2019. Français. https://theses.hal.science/tel-03160528
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