Culture de pleurotes

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Introduction

Cette notice aborde la culture domestique de champignons comestibles, ici des pleurotes grises "pleurotus ostreatus".

Remarque : En phase d’expérimentation, de plus amples informations seront publiées ultérieurement.

Intérêt de la culture de pleurotes grises

  • Ecologie/Economie :

Les champignons sont un des rares organismes à se nourrir de lignine et de cellulose. Ces éléments sont présents dans de nombreux déchets de l'agriculture et d'autres activités (paille, marc de café, sciure de bois, etc). C'est donc un excellent moyen de valoriser ces déchets. A la fin de la culture des champignons, il est possible de réintégrer au compost le mycélium et substrat ayant servi à la culture. La culture de champignons peut donc permettre un revenu complémentaire pour les producteurs de ce type de déchets. A titre d'exemple, une jeune entreprise de paris a produit 2,5T de pleurotes sur 30m² en 6 mois en réutilisant du marc de café.

  • Nutrition :

Les pleurotes ne font pas partie des aliments les plus nutritifs, cependant ils sont quand même source de plusieurs éléments intéressants: vitamines B3 (niacine), B2, B5, de minéraux (cuivre, phosphore, potassium, fer, zinc), de plus les pleurotes contiennent plus de protéines que la plupart des légumes. Cliquez ici pour avoir plus amples informations sur les valeurs nutritives du pleurote.

Etape de la culture :

  • La culture mère: La culture de démarrage (ou culture mère) se fait à partir d’une fructification fraîche et saine ou provient d’un producteur de blanc ou encore d’un laboratoire. Elle permet de produire plusieurs cultures qui servant inoculer du blanc dans le substrat que l'on choisit. Le blanc: c'est le mycélium du champignon cultivé dans un milieu stérile qui set à la multiplication.
  • L'envahissement du blanc: Avec le blanc de la culture-mère on peut alors inoculer des récipients qui contiennent le substrat, le mycélium envahira tout le substrat. Une fois le substrat complètement envahi par le blanc, la dernière phase commence.
  • Fructification et récolte: Quand le substrat est totalement envahit, il faut provoquer un changement des conditions environnementales (T°C, luminosité, concentration en CO2) et permettre la fructification, qui est l'apparition de la partie du champignon que l'on consomme (pied et chapeau). Il n'y a plus qu’à récolter vos champignons et les consommer.

Materials

  • Boite de Pétri
  • Alcool
  • Carton
  • Bouteilles plastiques
  • Pleurotes fraîches
  • Coton
  • Substrat (copeaux de bois, marc de café, sciure de bois, paille,...)

Tools

  • Scalpel, couteau
  • Outils de stérilisation, pasteurisation
  • Stériliser vos boîtes de Petri, couteau, carton.

Step 1 - Stérilisation et préparation des cultures mères

Remarque : Le carton présente l'avantage d'être un milieu de culture “sélectif” car il est pauvre en nutriment et sucre. La plupart des contaminants ont besoin de sucre dans le substrat pour se développer alors que le mycélium (d’espèces poussant sur du bois) peut se contenter de carton.

  • Stériliser les boites de pétri (en les passant à l'éthanol 70% et/ou sous UV) ou les bocaux en verre (les faire bouillir)
  • Stériliser une mince couche de carton (en le faisant bouillir par exemple).
  • Découper des morceaux de 3 cm de côté, le carton doit être très humide sans être totalement détrempé.
  • Découper les pleurotes dans le sens de la longueur et prélevez un petit morceau au niveau de l'encolure des pleurotes (voir photo).
  • Disposer les morceaux de pleurotes sur le carton dans vos boîtes de Petri. Inoculer au moins 5 boîtes de Petri pour qu'il y ait plus de chances de réussite.
  • Mettre les boîtes de Petri dans un incubateur où il n'y a pas de lumière avec une température entre 25-30 °C. Il faut ensuite attendre que le mycélium est bien envahit tout le carton 5-10 jours avant d'inoculer vos bouteilles de substrat.


Step 2 - Préparation et stérilisation des bouteilles de substrat

  • Mélanger la sciure de bois avec 3% de carbonate de calcium (de la craie ou coquilles concassées de crustacés) et de l'eau. Laisser le mélange pendant une journée pour que les endospores pathogène se développent et soient plus facile à éliminer par la suite.
  • Remplir les bouteilles de plastique avec votre substrat. Il doit avoir un taux d'humidité 60-65%. Percer les bouchons des bouteilles et mettre un bouchon de coton au niveau du goulot, ce qui permet les échanges gazeux tout en évitant aux germes indésirables de rentrer. Refermer avec les bouchons troués.

Remarque : Pour connaitre le bon taux d'humidité, presser une boulette de sciure, il faut que quelques gouttelettes coulent et non un filet d'eau.

  • Stériliser les bouteilles contenant le substrat. Ici nous les avons laisser dans un four solaire pendant une journée. Laisser les refroidir.


Step 3 - Inoculation du substrat

  • Ouvrir les bouteilles stérilisées pour les inoculer avec vos cultures mères, riche en mycélium, passage délicat car il faut faire assez vite pour limiter les risques de contamination pendant l'ouverture des bouteilles. Il est important de travailler dans un milieu stérile lors de cette opération (mains propres, vêtements propres,etc...)
  • Déposer les bouts de cartons couvert de mycélium sur le substrat de vos bouteilles puis refermer les bouteilles et les mettre dans votre incubateur a une température de 20-30°C et sans luminosité.
  • Laisser vos bouteilles dans l'incubateur le temps que le mycélium se propage dans toute votre bouteille et qu'elle devienne entièrement blanche (3-4 semaines en fonction des différents paramètres utilisés (t°C, humidité, substrats...).


Step 4 - Fructification et cueillette des champignons

Dans la forêt, le mycélium loge sous l’écorce dans la pénombre; lorsqu’il se met à pleuvoir et qu’il y a beaucoup de lumière, cela provoque un stress qui pousse le pousse à fructifier afin de pouvoir se reproduire.

Cette initiation fructifère est de loin l’étape la plus délicate lors de la culture de champignon. Le cultivateur doit mettre en place une stratégie d’initiation afin de produire un changement des variables environnementales pour déclencher la formation des primordias (ébauches de champignons).

Les quatre principaux facteurs environnementaux à contrôler lors de l’initiation fructifère sont: l’humidité, l’aération, la température et la lumière.

L’humidité:

Une humidité élevée comprise entre 95% et 100% doit être apporté par un arrosage léger et régulier. Le substrat doit être placé dans des conditions proches du brouillard lorsqu’il arrive dans la pièce ou chambre de fructification. Lorsque les primordias commencent à se former, une diminution progressive de l’humidité jusqu’à 90% est généralement bénéfique.

L’aération:

Grâce à l’aération, le taux de dioxyde de carbone (CO2) diminue rapidement alors que l’oxygène (O2) augmente. Le taux de CO2 devrait être inférieur à 1000 ppm (idéalement 500 ppm) pour une formation maximum de primordias.

La température:

De nombreuses espèces ne formeront pas de champignons tant que la température n’aura pas diminuer (ou augmenter, ce qui est plus rare) jusqu’à un seuil critique. Lorsque le mycélium colonise le substrat, il produit de la chaleur: c’est pour cette raison que le moment idéal pour faire varier la température (et les autres facteurs) est lorsque le substrat est complètement colonisé. Lorsque la température est changée, il faudra attendre entre 24 et 72 heures pour que la température à l’intérieur du substrat soit égale à celle de l’air ambiant.

La lumière:

Dans la nature, la lumière agit comme une alerte signalant au mycélium qu’il devrait former des champignons afin que leurs spores soient dispersées dans un environnement dégagé. La lumière joue une rôle sur l’allongement du pied et le développement du chapeau du champignon. Les conditions idéales d’éclairage (intensité et longueur d’onde) varient selon les espèces. La lumière indirect du soleil, ou la lumière filtrée par la canopée forestière, sont considérées comme idéales pour les champignons des bois. La photopériode et les longueurs d’ondes spécifiques n’ont pas encore étaient établies pour toutes les espèces de champignons. La lumière directe du soleil ou une lumière de forte intensité est nuisible pour le mycélium. Les néons ne nuisent pas au mycélium et peuvent être utilisés pour une culture intérieur. Pour la plupart des espèces, une luminosité comprise entre 50 et 1000 lux et une longueur d’onde entre 380nm et 480nm (du vert au bleu) semblent stimulant pour la formation des primordias. Paul Stamets utilise 6 néons « jour » de 2,40 mètres de long pour éclairer une chambre de culture de 30m2. Cela signifie qu’un néon standard (120 centimètres), suffit à éclairer 2,5 m2 de culture.

Vous pouvez consulter les paramètres de culture précis (humidité, aération, température, éclairage) de chaque espèce cultivable.

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(6 commentaires)

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  1. 24 août 2012 à 22 h 27 min (UTC 1) Répondre Bonjour! J’ai lu en quelque part les avantages de faire subir un choc thermique au mycélium de pleurote colonisé avant la fructification, en mettant le mycélium une semaine au réfrigérateur. Avez-vous déjà testé cette technique? Croyez vous que cela pourrait être avantageux? Merci!
    1. 9 septembre 2012 à 19 h 03 min (UTC 1) Bonjour Marie, Oui cette technique de choc thermique peut être profitable: elle permet de favoriser l’initiation fructifère mais cette technique est plus ou moins efficace selon les espèces cultivées. Certaines espèces n’en ont pas besoin alors que pour d’autre ce choc favorise grandement l’apparition des primordias. Mais je pense qu’il serait bien de faire l’expérience en comparant la fructification de deux substrats: un avec choc thermique et l’autre sans. Si vous avez un appareil photo et que vous désirez publier un article sur le sujet, c’est avec plaisir. Bonne chance pour vos essais!
  2. 9 novembre 2013 à 18 h 38 min (UTC 1) Répondre Bonjour, Mon essai de culture de pleurote se poursuit, mes grains de seigle commencent à être colonisés. POur la colonisation de la paille en sac, je dispose d’une chambre de restauration dont la température peut être réglée de la surgélation à + 30 °C, voici un incubateur rêvé… Par conter, pour la fructification je me pose quelques questions: baisser la t°, pas de problème, monter l’hygrométrie, c’est possible, pour le CO2 je suppose qu’une bonne aération suffira, mais pour la lumière? Me faudra-t-il installer des néons dans mon armoire? Thomas, dans son excellent compte rendu de son essai, ne donne pas de précision sur l’éclairage. Peut être serait il plus sur de sortir les sacs, les mettre dans une pièce sans chauffage mais avec de la lumière du jour indirecte? Bref, quelle est l’importance du facteur lumière sur la fructification des pleurotes? Il me semble me rappeler que lors d’une visite d’une champignonnière dans une galerie, la lumière était très faible…?
    1. 16 novembre 2013 à 11 h 24 min (UTC 1) Salut Pacôme, Effectivement ça fait un très bel incubateur réglable en température 🙂 Pour la lumière, tu auras besoin d’un éclairage si la lumière indirect du soleil n’est pas disponible dans ton espace de culture. Paul Stamets recommande l’utilisation de néon « day light » Je n’ai jamais utilisé d’éclairage pour le moment, un simple rebord de fenêtre suffit dans mon cas. Bon courage pour la suite!
  3. 18 novembre 2013 à 13 h 42 min (UTC 1) Répondre Merci pour la réponse! Si un rebord de fenêtre te suffit, ma pièce éclairée sans chauffage suffira aussi! J’avais aussi une autre question, au sujet du rapport seigle/paille. Dans les articles il est indiqué qu’on peut inoculer de 2 à 5 % de substrat colonisé dans la paille. Mais s’agit il de paille sèche ou égouttée après pasteurisation? Si c’est sèche ça fait vraiment très très peu (la paille ça ne pèse pas lourd!). Si c’est humide ça me parait plus cohérent. Moi même ai inoculé hier 4 Kg de paille avec environ 800 g de seigle, ce qui fait 20 %, et même dans ce cas j’ai trouvé ça bien peu!
    1. 18 novembre 2013 à 15 h 27 min (UTC 1) Bonjour Pacôme, En général, il est recommandé d’utiliser entre 2% et 10% de céréales pour inoculer un substrat. Il faut regarder le poids de la paille humide pour faire le calcul. Après, plus tu mettras de céréales, plus la colonisation sera rapide. Mais 20% ça me semble un peu excessif, tu aurais pu inoculer plus de substrat avec 800grammes de seigle colonisé. Bon courage pour la suite de tes essais 🙂

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Il faut donc reproduire ce stress pour que le mycélium fructifie et changer les conditions de culture de l’incubation:

lumière indirecte (ex. dans la cuisine à l’ombre) + haute humidité + échange d’air + température constante entre 16 et 22 degrés pour les pleurotes

Une fois que le mycelium a colonisé tout le substrat et que la bouteille est blanche,

faire des trous quand vous sentez des boules de primordia ayant le désir d’éclore.

Trou de 1,5cm de diamètre

Bien arroser les primordias (3-4x/j en spray diffus), vous obtiendrez en quelques jours une grappe de pleurotes fraîches.

Récolter les pleurotes avant que leur chapeau ne se retourne vers le haut.

[y a des infos sur la couleurs des chapeaux pour savoir exactement à quel stade ils sont mais je ne l’ai pas sous la main]

Je sais que pour 5kg de substrat on peut récolter jusqu’à 1kg de pleurotes (on compte généralement plus d’1 fructification)

Dès qu’on a des primordias, elles doublent de volume chaque jour. Dans de bonnes conditions on peut obtenir des pleurotes prêtes en 3-4jours.

On peut avoir plusieurs récoltes jusqu’à ce que le mycelium s’épuise (je dirai 2 minimum, le max qu’on a eu c’était 7 fructi sur le même kit mais ça c’est la nature qui choisi!)

Pour une seconde récolte je dirai qu’il faut attendre 1 mois, ça dépend de la quantité de substrat : plus il y en a et plus c’est rapide

Récolter la grape en la tournant intégralement avec la main, le tout en une fois.

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